l’histoire de l’ancienne prison

En 1850, la commune donne son accord pour la construction d’une nouvelle prison pour l’arrondissement et charge Ernest Mangeon, architecte du département de Seine-et-Marne d’en réaliser le cahier des charges. L’emplacement choisi est celui de l’ancien Prieuré Sainte-Foy, fondé au XIIe siècle, dont les bâtiments depuis la Révolution servaient de tribunal et de prison.

La prison fonctionne comme maison d’arrêt jusqu’en 1958. Le bâtiment est ensuite utilisé comme centre de réadaptation pour jeunes délinquants. Après mai 68, le centre ferme ses portes. La prison désaffectée sert alors de décor pour de nombreux films. En 1979, la Ville devient propriétaire de la prison et installe dès 1989, le Foyer d’Accueil de Nuit pour recevoir les sans-abris en période hivernale.

En 1996 dans le cadre d’une convention de développement culturel, la prison est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Il ne lui reste plus qu’à trouver sa voie.

Description architectural de la prison

Son plan rectangulaire imposant (28m de long par 16m de large) est caractéristique des prisons du XIXe siècle comme celle de Meaux ou encore Fontainebleau. Sur la façade principale, deux absides latérales rappellent l’architecture religieuse. Il s’agit d’une volonté de l’architecte pour affirmer la vocation de ce lieu destiné à remettre les hommes « dans le droit chemin ».

Un mur d’enceinte de 4,5m de haut encercle cette construction magistrale, délimitant les cours intérieures dédiées à la promenade.

La prison est construite selon le principe de l’encellulement individuel (appelé aussi système cellulaire), qui permettait de séparer les prisonniers.

Elle contient 4 niveaux et 33 cellules, dont trois dites « de punition ». Les bureaux, logements et mess du personnel sont situés à l’avant du bâtiment.

Des coursives desservent les cellules des deuxième et troisième. Là encore, il faut noter la ressemblance avec l’architecture religieuse qui renvoie à la nef de l’église. Sur cette photo, on distingue l’autel de l’aumônier qui donnait la messe chaque semaine.

La première bibliothèque

 En 1839, le Conseil Municipal de Coulommiers vote l’acquisition de 1100 volumes provenant de la bibliothèque de M. Lucy, notaire à Meaux. La Bibliothèque municipale de Coulommiers est née. C’est grâce à l’action d’un érudit columérien, Anatole Dauvergne (1812-1870), qu’elle gagne ses lettres de noblesse. Nommé conservateur, il dresse un premier catalogue et encourage les dons.

 La Ville met à sa disposition deux salles au premier étage du nouvel Hôtel de Ville, construit en 1850 et ce jusqu’en 2003.

Les collections sont régulièrement alimentées par des dons, notamment ceux de la famille Brodard, qui de 1880 à 1923, offre à la bibliothèque un exemplaire de chaque ouvrage imprimé sur ses presses (Imprimerie Brodard et Taupin). Peu à peu, les achats de livres par la Ville remplacent les dons, mais les locaux deviennent trop exigus pour conserver tous ces ouvrages et accueillir un public de plus en plus nombreux.

La municipalité, soucieuse de satisfaire les besoins des Columériens, trouve un nouvel espace pour la lecture. Ce sera la prison…